Peinture & Ecriture

Là où je t'emmènerai

Là où je t'emmènerai - Peinture & Ecriture «La peinture c’est très facile quand vous ne savez pas comment faire. Quand vous le savez, c’est très difficile»
Edgar Degas
Là où je t’emmènerai
de Josiane Bisson
Huile sur toile «en relief» 60x80
(Prix de vente 385€)

Joindre l'artiste à propos de ce tableau

L'océan

J’ai toujours peint la terre, les arbres, les maisons. L’eau n’était pas mon domaine de prédilection et pourtant c’est maintenant une grande source d’inspiration ! C’est sans doute l’histoire méditerranéenne qui a marqué ce nouveau mouvement avec une irrésistible envie de t’enlever aux océans et de te garder.

Extrait de mon recueil de nouvelles

N'oublie jamais


Il était dix-huit heures lorsqu'ils décidèrent de retourner sur la plage. Elle voulait graver à tout jamais l'image de cet endroit magique, de peur de l'oublier. Le matin même, elle avait choisi soigneusement sa toilette et avait opté pour la petite robe de coton blanc qu'il aimait tant. Les cheveux flottant sur ses épaules frêles, elle savourait déjà le vent qui jouait avec ses mèches blondes. Ils marchaient l'un à côté de l'autre sans dire un mot. À quoi bon parler. Aucune parole ne pouvait sortir de leur gorge; ils étaient bien trop émus, presque au bord des larmes. Face à la dune, leurs mains se joignirent. Ils se hissèrent au sommet de la barrière de sable. Ses petits pieds s'enlisaient, laissant entendre un léger crissement. Comme par habitude, il la précédait, l’aidant dans son ascension. Encore quelques pas courageux et le spectacle serait au rendez-vous. L'océan, cet océan qui avait baigné leur enfance. Les déferlantes dessinaient de longs rouleaux écumants dans un puissant vrombissement. Leurs mains étaient comme soudées. Sans concertation aucune, ils s'immobilisèrent. Elle se félicitait que sa chevelure fût détachée, masquant ainsi les deux perles qui roulaient le long de ses joues. Mille et un souvenirs envahirent son âme. À cet instant précis, elle sut qu'il serait douloureux, voire insoutenable, de franchir la passerelle du grand oiseau blanc qui l'entraînerait de l'autre côté de cet océan. Devant la féerie qu'offraient les couleurs d'un coucher de soleil flamboyant, le regard fixé droit sur l'horizon, immobile et glacé, il se remémorait les images du passé. Ce passé chéri dont elle était l'actrice du premier rôle. Délicatement il attira le petit corps chétif contre le sien et, dans le concert assourdissant des vagues, il lui demanda pourquoi elle l'abandonnait. Les deux bras autour de son cou, elle murmura :
- C'est un chapitre de ma vie qui se ferme.
- Et moi, as-tu pensé à moi ?
- Oui ! Toi tu es bien plus qu'un chapitre tu es mon livre. Toi, c'est à la vie à la mort, je t'aime, petit frère.

J.B

Contact | Copyright et Mentions légales | Privé